Compte rendu d'hospitalisation du service de Cancérologie

Cher confrère, madame Simone Roesing a été hospitalisée en hôpital de jour de Cancérologie le 05/02/2025 pour réévaluation en urgence.

Motif d'hospitalisation : Dyspnée

Antécédents médicaux :

-   Carcinome épidermoïde du tier moyen de l'oesophage T1N0M0 découvert en septembre 2024 avec découverte concomitante d'un carcinome épidermoïde du lobe supérieur gauche métastatique sur le plan ganglionnaire et pulmonaire.

-   HTA

-   SCA ST+ en 2019 avec pose d'un stent actif sur l'IVA

-   Hypercholestérolémie

-   Obésité

-   BPCO GOLD II

Antécédents chirurgicaux :

-   Une césarienne (G2P1)

-   Fracture de l'ulna à gauche dans l'enfance avec pose d'une broche

Mode de vie :

Vit seule à domicile dans un appartement au deuxième étage avec ascenseur. Divorcée. Fils décédé en 2018 dans un accident de la route.

Restauratrice retraitée.

Aide ménagère deux heures par semaine. Pas de passage IDE.

Tabagisme actif à 1 paquet par jour, 65 PA. Deux verres de vin par jour.

Traitement à l'entrée :

IRBESARTAN 150 mg : un comprimé le matin

ATORVASTATINE 40 mg : un comprimé le matin

KARDEGIC 75 mg : un sachet le midi

ALPRAZOLAM 0,5 mg : un comprimé au coucher

FLIXOTIDE 125 µg/dose : une inhalation matin et soir

Histoire de la maladie :

La patiente présente une aggravation de sa dyspnée chronique, habituellement plutôt mMRC 2 et à ce jour dyspnée de repos, depuis environ 5 jours. Cette dyspnée n'est pas majorée par la position allongée, n'est pas associée à de la fièvre, mais elle présente une toux importante.

Elle a donc consulté son médecin traitant le 04/02/2025. Celui-ci a retrouvé une saturation en air ambiant à 91%, une tension artérielle à 160/52 mmHg. L'auscultation pulmonaire retrouvait une abolition du MV à droite jusqu'à mi-champ, avec une matité à la percussion. Il n'y avait pas de crépitant ou d'argument pour une pneumopathie.

Madame Roesing étant très gênée par cette dyspnée, elle nous est donc adressée par le médecin traitant pour évaluation.

Examen clinique d'entrée :

MV asymétrique avec effectivement une abolition à droite, jusqu'à mi-champ et une légère abolition de la base gauche. Pas de crépitant des bases, pas de sibilant, pas de foyer auscultatoire. Saturation à 90% en air ambiant (habituel). Patiente dyspnéique à la parole.

Bruits du cœur réguliers, pas de souffle perçu. 85 bpm. Pas d'oedème des MI. Mollets souples et indolores.

Abdomen souple, dépressible, indolore. Pas de dysphagie.

G15, orientée dans le temps et l'espace. Paires crâniennes intègres. Pas de DSM.

Examens complémentaires :

-   Biologie sanguine : HB 9 g/dL, PNN 4,5 G/L, plaquettes 225 G/L, CRP 5 mg/L, PCT normale, NT-pro-BNP à 225 pg/mL, troponine < 5 ng/mL

-   ECG : RSR, axe normal, QRS fins, pas de trouble de la conduction. Pas de signe d'ischémie.

-   Radiologie pulmonaire : Épanchement pleural droit

-   Scanner thoracique injecté : Pas d'embolie pulmonaire visualisée. Progression de la pathologie pulmonaire selon les critères RECIST 1.1 avec majoration de la lésion primitive, des métastases pulmonaires, et apparition d'un épanchement pleural de moyenne abondance à droite.

Evolution dans le service :

Devant la dyspnée d'aggravation brutale, un bilan complet a été réalisé. Celui-ci met en évidence une progression tumorale importante sur le plan pulmonaire, survenue après 5 cures de chimiothérapie par CARBOPLATINE-PACLITAXEL. Il n'existe par ailleurs pas d'argument pour une problématique cardiaque, infectieuse ou vasculaire.

Nous annonçons donc la progression tumorale à madame Roesing. Celle-ci est de manière tout à fait compréhensible effondrée par cette annonce, et nous discutons longuement avec elle. Au terme de la discussion, nous convenons qu'elle revoit en consultation son oncologue la semaine prochaine pour mettre en place une deuxième ligne de traitement. Elle souhaite également revoir la psychologue du service, qu'elle avait déjà vue à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Nous réalisons une ponction pleurale à visée diagnostique et évacuatrice, permettant de retirer 1,2L de liquide séro-hématique. Un flacon est envoyé en anatomopathologie de principe. La radiologie de contrôle ne met pas en évidence de pneumothorax. La patiente semble moins dyspnéique une heure après le geste.

Elle est donc autorisée à rentrer à domicile ce jour, avec la consigne de nous rappeler si la dyspnée venait à réapparaître avant la consultation.

Traitement de sortie :

Identique à l'entrée

Conclusion :

Dyspnée d'aggravation rapide provoquée par une progression tumorale avec apparition d'un épanchement pleural.

Annonce de la progression

Ponction pleurale évacuatrice : récupérer compte-rendu anapath

Consultation avec Dr SMITH le 11/02 pour programmer la suite de la prise en charge
