Compte rendu d'hospitalisation du service de Cancérologie

Monsieur Marc Bezza, 61 ans, est venu en consultation de cancérologie le 23/07/2024 .

Motif de consultation : consultation de suivi chez un patient qui présente une récidive d'un adénocarcinome prostatique de haut risque traité en 2018 par radiothérapie et hormonothérapie longue.

Antécédents :

- Appendicectomie

- Adénocarcinome de haut risque traité par radiothérapie et hormonothérapie longue en 2018.

- Adénocarcinome lieberkhunien moyennement différencié du colon gauche traité par colectomie angulaire sous cœlioscopie le 18 août 2023.

- HTA.

- DNID

- Cholecystectomie

Pour mémoire :

-Radiothérapie et hormonothérapie longue pour une durée de 3 ans en 2018 au centre Godinot pour traiter un adénocarcinome prostatique de haut risque avec PSA initial à 80 ng/ml, la lésion était classée T3, de score Gleason 4+4, ISUP4.

-Surveillance : le nadir de son PSA est à 0,144 en août 2021 et il augmente depuis progressivement à 0,442 en janvier 2022 puis 0,9 en août et 1,73 en décembre 2022.

-TEP à la choline le 2 février 2023, cet examen retrouve alors un foyer modérément hypermétabolique au niveau postérieur du lobe prostatique droit compatible avec une récidive locale. Absence d'argument pour une récidive ganglionnaire ou osseuse par ailleurs.

- IRM qui retrouve une prostate de 30 cc avec présence d'un nodule de 9 mm en base droite. Absence d'adénopathie pelvienne.

-Biopsies prostatiques le 23 mars 2023 qui confirment la récidive d'adénocarcinome prostatique étendue sur 8 biopsies sur 15 sans envahissement extra-prostatique.

- TEP au PSMA le 2 juin 2023 qui révèle une adénopathie suspecte infra centimétrique latéro-aortique sous rénale à hauteur de L3-L4.

-Dans l'attente de réaliser une biopsie de cette adénopathie et de la prise en charge de son adénocarcinome colique, le patient va débuter une hormonothérapie par DECAPEPTYL le 9 juin 2023.

-Biopsie de cette adénopathie qui est en faveur d'une localisation ganglionnaire d'un adénocarcinome dont le profil immuno-histochimique et le contexte oriente vers une origine prostatique.

- RCP d'oncologie urologique avec comme proposition de prise en charge une ré-irradiation prostatique, une radiothérapie stéréotaxique de l'adénopathie latéro-aortique sous rénale et la mise en place d'une double hormonothérapie chez ce patient qui est sous DECAPEPTYL depuis le mois de juin 2023.

Projet de ré-irradiation prostatique, mai-juin 2024 :

Après évaluation dosimétrique et contourage de la lésion, il s'avère que la lésion semble bien plus étendue que prévu au niveau prostatique avec notamment une extension à la vésicule séminale droite.

En parallèle, a été réalisé un contrôle de son PSA qui retrouve une augmentation à 5,60 le 4 avril 2024 recontrôlé à 6 le 26/04/2024 avec une testostéronémie effondrée prouvant bien que nous sommes maintenant dans une phase de résistance à la castration.

Dans ce contexte finalement de récidive d'une tumeur initialement agressive maintenant résistante à la castration avec une adénopathie lombo-aortique pouvant donc classer la maladie comme métastatique, il paraît déraisonnable de proposer cette radiothérapie vu les risques d'effets secondaires potentiels au niveau rectal.

Bilan pré-thérapeutique d'hormonothérapie de seconde génération notamment cardio-vasculaire auprès de son cardiologue ne retrouvant pas de contre indication.

Initiation de l'hormonothérapie par XTANDI suite à la consultation du 11 juin 2024.

Je le revois ce jour en consultation avec un TEP PSMA de réévaluation. L'examen retrouve malheureusement d'une part la persistance d'une hétérogénéité de fixation prostatique avec présence d'un foyer de surexpression modérée du PSA au niveau postérieur droit à proximité d'un fiduciaire.

D'autre part, persistance de foyers de surexpression intense du PSMA au niveau ganglionnaire inguinal gauche et latéro-aortique et apparition de multiples foyers ganglionnaires ilio inguinaux gauches et lombo-aortiques sous-rénaux tous fortement suspects de localisations ganglionnaires de la néoplasie. Pas d'extension viscérale ou osseuse.

Cliniquement :

Patient PS0. Il décrit quelques épisodes d'asthénie occasionnels de grade I.

Sa surveillance tensionnelle est excellente à domicile, les tensions systoliques sont entre 12 et 13, les diastoliques entre 6 et 7, pas d'épisode de tachycardie.

Pas de d'éruption cutanée.

Pas de plainte particulière sur les plans urinaire et digestif.

Quelques bouffées de chaleur grade I.

En pratique :

TEP de référence pour la suite du suivi.

TEP-PSMA mettant donc en évidence une progression ganglionnaire de la maladie.

Poursuite de l'hormonothérapie.

Je reverrai le patient avec un nouveau PSA en septembre.

Signataire : Dr Tesnim Coolsaet.
