Compte rendu de consultation d'oncologie médicale

Le 29/07/2025

Je vois ce jour en consultation en urgence Monsieur Paul Jarnolle après la réalisation de 2 cures de DOCETAXEL dans le cadre de la prise en charge de son adénocarcinome prostatique métastatique au niveaux osseux, suivi depuis février 2023 et résistant à la castration depuis mai 2025.

J'ai été contacté par mes confrères de l'hôpital de jour le vendredi 18/07/2025 avant la deuxième cure de DOCETAXEL devant une très mauvaise tolérance de la première cure avec nausées et vomissements pendant 10 jours, perte de 7 kg, anhédonie complète au décours. Nous avions alors décidé de diminuer la dose de chimiothérapie à 75 mg/m², de renforcer le traitement anti-émétique, et de mettre en place une hydratation à domicile pendant 5 jours suivant les cures.

La femme du patient m'a contactée par la suite car la tolérance restait très médiocre, avec cette fois-ci au premier plan une asthénie importante, une anhédéonie, et une anorexie. Elle me décrit que son mari ne sort plus de son lit, alité > 50% du temps, ne mange plus qu'un yaourt et quelques biscuits dans la journée, et tient des propos inquiétants.

Celui-ci m'informe qu'il souhaite arrêter tout traitement, qu'il ressent une grande lassitude vis -à -vis de sa maladie et des complications qu'elle entraîne. En effet, il présente des douleurs importantes au niveau de la hanche droite qui a déjà été irradiée, et cela limite ses mouvements. Il prend actuellement 40 mg de SKENAN matin et soir et 6 interdoses d'ACTISKENAN 10 mg. Il me dit avoir des douleurs de plus en plus importantes au niveau de sa hanche mais aussi de ses autres localisations métastatiques, nous faisant fortement suspecter une inefficacité du DOCETAXEL et une progression de la maladie.

L'examen clinique retrouve un poids à 52 kg (-9 kg depuis la dernière consultation en juin 2025), une amyotrophie des cuisses de manière bilatérale et symétrique. Le patient est pâle. L'examen cardio-pulmonaire ne retrouve qu'un faible souffle éjectionnel systolique non connu. Il n'y a pas de dyspnée, la saturation est à 99% en air ambiant, il n'y a pas de signe de MTEV.

Après une longue discussion avec le patient, celui-ci accepte une hospitalisation de quelques jours pour prendre le temps de refaire le point sur son antalgie, sa nutrition, et son traitement oncologique.

Je le reverrai dans la chambre d'hospitalisation une fois la situation stabilisée pour discuter des options thérapeutiques, à savoir plutôt du CABAZITAXEL, ou un arrêt des chimiothérapies.

Bien confraternellement,

Dr Johnson
