Compte rendu d'hospitalisation du service de CARDIOLOGIE

Cher confrère,

Madame Leonne Embry, 71 ans, a été hospitalisée dans le service de CARDIOLOGIE du 23 au 25 mai 2025 pour un bilan de douleur thoracique aigue.

Elle a des antécédents cardiovasculaires connus, notamment la pose d'un stent sur la coronaire droite il y a 3 ans, suite à un NSTEMI. Elle est également suivie pour une hypertension artérielle équilibrée sous traitement, et présente une anxiété généralisée pour laquelle elle prend du xanax 0,25 toutes les 6 h si besoin.

Traitements habituels : Ramipril : 5 mg 1 cp/jour per os Bisoprolol : 2,5 mg 1 cp/jour per os, Alprazolam : 0,25 mg 1 cp toutes les 6h si besoin, et Kardegic 75mg le soir, tahor 80 mg le soir

Son mode de vie est sédentaire et elle ne fume plus depuis 10 ans. Ancienne assistante matrernelle. 3 enfants qui ne vivent pas dans la region. Autonome a domicile.

Histoire de la maladie :

Alors qu'elle dînait tranquillement avec son mari, Mme Embry a ressenti brutalement une douleur thoracique oppressive, rétrosternale, d'emblée maximale. La douleur irradiait dans le cou, la mâchoire et le bras gauche, et s'accompagnait de sueurs froides et d'une sensation de "mort imminente". Très paniquée, son mari a immédiatement appelé le centre 15.

À l'arrivée du SAMU, Mme Embry est pâle, cyanosée des lèvres et manifestement très angoissée. Sa tension artérielle est de 160/95 mmHg, sa fréquence cardiaque à 110 bpm et sa saturation en oxygène à 92% en air ambiant. L'électrocardiogramme (ECG) réalisé sur place montre un segment ST rigide en inférieur, sans sus-décalage franc.

Devant ce tableau clinique évocateur d'un syndrome coronarien aigu, une dose de charge d'aspirine est administrée, ainsi que la mise en place de risordan IVSE+ morphine 2 mg (sans franc effet).

Transfert en urgence en hémodynamique au CH de Bressol pour une coronarographie diagnostique.

À son arrivée en salle de cathétérisme, la patiente est toujours algique, mais la douleur semble un peu moins intense.

La coronarographie est réalisée rapidement et révèle une parfaite perméabilité du stent de la coronaire droite, sans aucune lésion significative sur les autres artères coronaires. Aucune autre sténose ne justifiant une revascularisation n'est retrouvée. Une évaluation de la microcirculation est ensuite effectuée, avec une mesure du CFR (Coronary Flow Reserve) à 2,8 (valeur normale > 2,5) et de l'IMR (Index of Microcirculatory Resistance) à 18 (valeur normale < 25). Ces résultats écartent une dysfonction microvasculaire significative (INOCA).

Transfert ensuite en Unité de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC) pour surveillance. Les troponines T sont contrôlées à H0, H3 et H6, et restent négatives, confirmant l'absence de nécrose myocardique. Les D-dimères sont également négatifs, ce qui permet d'éliminer une embolie pulmonaire. Une auscultation cardio-pulmonaire est normale, et les pressions artérielles sont symétriques aux deux bras, écartant une dissection aortique.

Les bilans complémentaires sont également rassurants :

  · Le bilan hépatique est normal.

  · La CRP (protéine C réactive) est négative.

  · L'échocardiographie transthoracique (ETT) est normale, sans anomalie de la cinétique segmentaire ni épanchement péricardique.

  · La radiographie pulmonaire ne montre aucune anomalie parenchymateuse ou pleurale.

Évolution en USIC :

Quelques heures après son admission en USIC, disparition complète de la douleur thoracique. Cependant, le lendemain matin, alors qu'elle se préparait à passer une échographie, elle a de nouveau ressenti une douleur, cette fois-ci plus localisée, sur le côté gauche du sternum, irradiant vers l'épaule. Cette douleur, décrite comme une brûlure intense, augmentait à la palpation et aux mouvements du thorax, notamment lors des inspirations profondes et des changements de position. Elle ne répondait pas à l'administration de trinitrine sublinguale.

A la lumiere de l'ensemble des examens complémentaires négatifs, de la reproductibilité à la palpation des articulations chondro-costales (en particulier au niveau des 2ème et 3ème côtes), et le caractère mécanique de la douleur on finira par s'orienter vers un syndrome de Tietze ou une douleur pariétale d'origine musculo-squelettique.

Nous avons tenté de rassurer la patiente quant à l'absence de pathologie cardiaque ou pulmonaire grave. Un traitement antalgique par paracétamol et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est mis en place. Un accompagnement psychologique est également proposé pour l'aider à gérer son anxiété. Elle sortira à domicile 48 heures plus tard, avec la consigne de consulter son médecin traitant si les douleurs persistent ou en cas de récidive d'une douleur typique.

Le reste de l'ordonnance est inchangé.

En restant à votre entere disposition pour tous renseignements complémentaires,

Bien cordialement,

Signataire : Dr Charles Moreau.
