Compte rendu de consultation de Chirurgie viscérale aux urgences

Le 17/05/2025

Chère consoeur,

Je vois en consultation aux urgences Monsieur Holk Cululejevic 74 ans, pour une hernie inguinale gauche étranglée.

Monsieur Cululejevic a comme antécédents une fibrillation atriale sous ELIQUIS (dernière prise hier), un glaucome chronique et une cataracte bilatérale. Il a été opéré d'une appendicectomie dans l'enfance en Yougoslavie. Il n'a pas d'allergie connue. Il consomme environ un verre de bière par jour le soir, a fumé l'équivalent de 30 paquets-année (sevré en 2002). Il vit seul dans un appartement. Il a deux fils qui vivent près de chez lui, qui l'aident notamment pour les courses.

Monsieur Cululejevic présente depuis plusieurs années une hernie inguinale bilatérale, paucisymptomatique. Ce matin vers 7H la hernie inguinale gauche s'est étranglée, avec une douleur brutale d'emblée maximale et une impossibilité de réduction de la hernie. Il a alors consulté aux urgences, où il a présenté plusieurs épisodes de vomissements. L'abdomen était sensible dans son ensemble, avec une absence de gaz depuis 7H. Les constantes étaient dans les normes. Le dosage de l'activité anti-Xa ELIQUIS est à 0,6. Après avis anesthésique, nous décidons d'intervenir sans délai ni antagonisation de l'ELIQUIS. Nous expliquons à Monsieur Clululejevic la chirurgie qui consistera à explorer la région inguinale, identifier s'il s'agit de tube digestif ou d'épiploon incarcéré, le libérer. Nous expliquons le risque de nécrose digestive qui peut entraîner une résection-anastomose voire une mise en stomie après laparotomie médiane. Nous insistons sur le risque hémorragique devant la prise récente d'ELIQUIS, et le risque de récidive de la hernie devant une réparation dans des conditions non optimales. Le patient comprend et accepte ces risques.

L'intervention aura lieu ce jour. Nous prévenons par téléphone le fils cadet du patient de l'intervention en urgence et de ses risques.

En vous remerciant de votre confiance,

Bien confraternellement,

Dr Patrick Sailley .
