Compte rendu d'hospitalisation

Service de Médecine interne - Aval des urgences

Madame Corinne Barnaud, 58 ans, est hospitalisée dans le service de Médecine interne - Aval des urgences du 18 juillet au 26 juillet 2025 .

Motif d'hospitalisation

Décompensation de schizophrénie

Antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux, allergies

Schizophrénie

HTA

Ulcère gastrique forest 2b (1 clip)

Mode de vie : vit avec ses parents (aidants principaux), en invalidité, pas d'intoxication éthylotabagique à priori

Traitement à l'entrée

RISPERDAL 8mg : 1 comprimé matin

XANAX 0,5mg : 1 comprimé soir

ZOPICLONE 3,5mg : 1 comprimé le soir

PANTOPRAZOLE 40mg : 1 comprimé soir

COAPROVEL 300mg/12,5mg : 1 comprimé matin

Histoire de la maladie

Femme de 50ans, schizophrene connue, suivi au CH de Gap, retrouvée dans la rue, déshabillée en train de hurler sur un arbre, par les pompiers.

Aux urgences, elle présente un état d'agitation aigu important, persuadée d'être poursuivie par une armée de chênes et de plantes rampantes qui sont jaloux de ses pouvoirs.

Son état d'agitation nécessite une contention chimique par LOXAPAC 5Omg IM en raison d'une auto et d'une hétéro-agressivité, qui permet un retour au calme.

L'examen clinique est difficile dans le contexte de contention.

Les parents rapportent une consommation nouvelle de cannabis depuis un mois, avec un arrêt de la prise des traitements antipsychotiques ("les plantes rampantes ont dissimulé des graines dans ses cachets").

Une biologie est réalisée et ne retrouve pas de troubles ioniques, une fonction rénale normale, et une NFS sans particularité.

L'ECG retrouve un rythme régulier sinusal à 69bpm, QRS fins, pas de troubles de la repolarisation, QTc 389ms.

Après discussion avec le psychiatre d'astreinte, l'indication d'une imagerie cérébrale n'est pas retenue. Une hospitalisation à la demande d'un tiers est réalisée devant cette décompensation schizophrénique, sur mauvaise observance et consommation de cannabis.

Faute de place en psychiatrie, elle est hospitalisée en médecine interne.

Examen clinique :

TA 129/80, FC 69bpm, T 36°C, SaO2 98% en AA

Pas de signes d'hypoperfusion périphérique, pas de douleur thoracique, pas de signes de surcharge cardiaque droite ou gauche, auscultation cardiaque régulière sans souffle, auscultation pulmonaire claire et symétrique. Pas de céphalées, Glasgow 15, pupilles intermédiaires, réactives et symétriques, pas de déficit focal.

Evolution dans le service

Le traitement habituel est remis en place (risperdal et xanax), mais la patiente ne retrouve pas son état de base : le délire de persécution ne s'améliore pas, elle reste persuadée que les plantes rampantes vont envahir les toilettes et que le vent est complice de cela.

La prise en charge addictologique est d'autant plus difficile. C'est pourquoi, après discussion avec les psychiatres, un deuxième antipsychotique est ajouté: l'ARIPIPRAZOLE 10mg par jour.

Le traitement est bien toléré et les délires cèdent en 3 jours, permettant une discussion plus apaisée : la patiente confesse avoir commencé le cannabis dans un but récréatif. Elle ne ressent pas le manque et serait d'accord pour ne pas en reprendre si ça rassure ses parents.

Après plusieurs jours de surveillance sans nouvelle dégradation, elle rentre à domicile, avec IDE/jour pour les médicaments, consultation avec son psychiatre à 15 jours et consultation d'addictologie à 1 mois.

Traitement de sortie

RISPERDAL 8mg : 1 comprimé matin

XANAX 0,5mg : 1 comprimé soir

ZOPICLONE 3,5mg : 1 comprimé le soir

PANTOPRAZOLE 40mg : 1 comprimé soir

COAPROVEL 300mg/12,5mg : 1 comprimé matin

ABILIFY 10mg : 1 comprimé matin

Conclusion

Femme de 50ans, hospitalisée pour décompensation de schizophrénie sur prise de cannabis, nécessitant une majoration de son traitement avec ajout d'un deuxième antipsychotique et un début de suivi addictologique.

Signataire : Dr Maurice Geoffray.
