Compte rendu d'hospitalisation

Service de Médecine interne

Monsieur Alfonso Capela da silva, 66 ans, est hospitalisé dans le service de Médecine interne du 5 au 15 septembre 2024.

Motif d'hospitalisation

Poly-arthromyalgies sous immunothérapie pour un CBNPC

Antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux, allergies

Carcinome épidermoïde localement avancé hilaire droit T3N1M0 diagnostiqué en janvier 2024.

-   Traitement par radiochimiothérapie concomitante jusqu'en avril

-   Traitement adjuvant par DURVALUMAB

SAOS appareillé

DT2 sous metformine

Tabagisme 35 PA sevré depuis 2021

BPCO stade I sous ULTIBRO

HTA

Mode de vie

Patient retraité, ancien boucher

Vit avec son épouse dans une maison individuelle, 2 enfants

Pratique du vélo 2/ semaines

Traitement à l'entrée

METFORMINE 1000 mg 1-0-1

ULTIBRO 1 gel / jour

AMLODIPINE 5 mg / jour

DOLIPRANE SI BESOIN

DURVALUMAB en perfusion IV

Histoire de la maladie

Patient en cours de traitement par DURVALUMAB en situation adjuvante pour un carcinome épidermoïde pulmonaire localement avancé traité par radiochimiothérapie. Dernière cure d'immunothérapie le 10/08 dernier.

Apparition depuis la 4ème injection de douleurs articulaires diffuses, sans arthrite, avec myalgies notamment au niveau proximal. Pas de notion de fièvre.

Lors de sa venue en HDJ le 01/09 pour nouvelle cure d'immunothérapie, il rapporte un caractère insomniant aux douleurs avec réveils nocturnes et dérouillage matinal >1H. Inefficacité des paliers I. Décision d'une hospitalisation en médecine interne pour suspicion de toxicité immuno-induite.

Examen clinique :

TA 15/6 mmHg, FC 80 bpm

Saturation 96 % AA

Auscultation pulmonaire claire, sans crépitants, sans ronchi. Pas de dyspnée ressentie pour les actes du quotidien.

RAS sur le plan cutané en dehors d'une légère xérose diffuse.

Auscultation cardiaque sans bruits surajoutés, bruits du coeur réguliers, pas de signes d'insuffisance cardiaque;

Abdomen souple, transit régulier

Pas de Raynaud de novo. RAS au niveau unguéal.

Douleurs articulaires diffuses (cervicales, épaules, coudes, genoux, poignets) sans arthrite clinique. Possible discrète synovite proximale au niveau des 2 mains. Rythme inflammatoire avec réveils nocturnes et dérouillage matinal.

Absence de céphalées.

Myalgies notamment proximales aux membres inférieurs, sans déficit moteur. Test du lever de chaise ne mettant notamment pas en évidence de déficit.

Examens complémentaires :

Radiographie genoux F+P, épaules F+P, poignets F+P : pas d'érosion osseuses

Echographie poignet droit (le plus douloureux) : synovite discrète de l'articulation radio-carpienne et médio-carpienne, avec épaississement modéré de la membrane synoviale. Épanchement articulaire de faible abondance non ponctionnable. Hypervascularisation modérée au Doppler couleur, témoignant d'une activité inflammatoire faible. Pas d'érosions osseuses visibles. Au total, Aspect compatible avec une arthrite inflammatoire légère, active.

Biologie : CRP 20 mg/L sans leucocytose, Hb 13 g/dL, Leucocytes 4 G/L, Plaquettes 500 G/L, Fonction rénale normale, Ionogramme normal, BH normal.

Evolution dans le service

Patient hospitalisé dans un contexte de poly arthromyalgies sans arthrite, sous immunothérapie pour un cancer pulmonaire.

Réalisation d'un bilan biologique exhaustif étiologique

-   notamment auto immun (AAN, ANCA, Anti FR, anti CCP) négatif.

-   réalisation de sérologies virales VHB VHC VIH négatives.

-   Absence de contexte infectieux (notamment pas de fièvre). Pas d'épanchement articulaire ponctionnable pour analyse microbiologique.

L'analyse en échographie notamment du poignet droit, le plus douloureux lors de l'hospitalisation, est tout à fait compatible avec une arthrite inflammatoire légère, active.

Devant ce tableau d'arthro myalgies diffuses, sans élévation des CPK, sans déficit moteur mais avec limitation dans les actes du quotidien + douleurs insomniantes résistantes au palier I : diagnostic retenu de pseudo-polyarthrite rhizomélique immuno-induite, soit une toxicité de grade II due à l'immunothérapie.

Instauration d'un traitement par SOLUPRED à 30 mg le 11 septembre permettant dès J+1 une nette amélioration de la symptomatologie.

Après discussion avec son oncologue référent, on décide de programmer une décroissance progressive par palier de 5 mg et d'organiser une réévaluation en HDJ d'oncologie au palier de 10 mg . Si les douleurs sont suffisamment contrôlées sous 10 mg de CTC, on pourra envisager une reprise de l'immunothérapie en maintenant une corticothérapie de fond (Grade II : pas de CI définitive à l'immunothérapie).

Compte tenu du diabète de type II pré existant, une rencontre avec la diététicienne du service pour conseils nutritionnels sous corticothérapie a été proposée.

Traitement de sortie

METFORMINE 1000 1-0-1

ULTIBRO 1 gel / jour

AMLODIPINE 5 mg / jour

DOLIPRANE toutes les 6H

SOLUPRED 30 mg pendant 5 jours, puis 25 mg pendant 5 jours, puis poursuite diminution de 5 mg en 5 mg tous les 5 jours jusqu'au palier de 10 mg.

DIFFU-K 2 gélules par jour

ZYMAD 80 000 UI une ampoule par mois

Conclusion

Pseudo-polyarthrite rhizomélique immuno-induite, grade II, sous DURVALUMAB pour un CBNPC localement avancé. Amélioration des symptômes après introduction d'une corticothérapie à 30 mg/j.

Programmation d'une décroissance progressive et réévaluation avec son équipe d'oncologie référente pour statuer sur la reprise de l'immunothérapie.

Mesures diététiques compte tenu du diabète associé.

Signataire : Dr Mamuka Nolasco.
