Compte rendu d'hospitalisation du service de Pneumologie

Monsieur Patrice Monchain, 83 ans, est hospitalisé dans le service de Pneumologie du 3/09/2023 au 8/09/2023.

Motif d'hospitalisation

Dyspnée aiguë

Antécédents :

-   Fibrillation atriale permanente, avec deux échecs de cardioversion en 2018.

-   Cardiopathie ischémique stentée (2 stents sur IVA) depuis 2015, découvert sur de l'angor d'effort

-   Hypertension artérielle

-   Stéatose hépatique

-   BPCO post tabagique GOLD 2A (dernier VEMS à 68% de la théorique)

-   Thrombose veineuse proximale en 1992 (membre inférieur gauche), provoquée

-   Syndrome anxiodépressif

-   Ostéoporose fracturaire, traitée depuis 3 ans par biphosphonate

-   Tendinopathie du supra épineux (épaule droite)

Allergie : Non connue.

Mode de vie

Vit à domicile avec son épouse. Retraité, travaillait auparavant dans l'industrie pétrolière. Trois enfants dont l'un décédé brutalement il y a deux ans. Actif, marche nordique deux fois par semaine. Complètement autonome.

Tabagisme sevré en 2000, estimé à 60 PA (30 ans à une moyenne de deux paquets par jour). Pas de consommation éthylique.

Traitement à l'entrée :

-   ELIQUIS 5 mg x2/j

-   KARDEGIC 75 mg/j

-   RAMIPRIL 5 mg/j

-   BISOPROLOL 1,25 mg x2/J

-   VENLAFAXINE LP 75 mg/j

-   ALPRAZOLAM 0,25 mg si besoin

-   ULTIBRO 85/43 µg une bouffée/j

-   DOLIPRANE 1 g si besoin

-   RISEDRONATE 35 mg : un comprimé/semaine

-   CACIT VITAMINE D3 : un comprimé/jour

Histoire de la maladie

Depuis le décès il y a deux ans de l'un de ses fils (en septembre 2021), Mr Monchain décrit des périodes de grande baisse de moral.

Depuis une semaine, le patient rapporte une baisse importante du moral avec anxiété, la date anniversaire du décès de son fils approchant. Sur les conseils de son médecin traitant, il a débuté l'aprazolam en prise systématique à chaque repas.

Il y a deux jours, dans un pic d'anxiété, le patient s'est remis à fumer et décrit depuis une dyspnée NYHA stade III, inhabituelle, avec toux sèche. Pas d'hyperthermie, pas de modifications des expectorations.

Il finit par se rendre aux urgences devant l'absence d'amélioration.

Aux urgences:

Examen clinique :

Glasgow 15, apyrétique, non douloureux. SpO2 88% en air ambiant, FR 21/min, TA 167/99mmHg, FC 101bpm.

Bruits du cœur irréguliers, léger souffle de rétrécissement aortique. Pas de signe d'insuffisance cardiaque, mollets souples et indolores.

Sibilants diffus bilatéraux, avec quelques ronchis bronchiques aux bases. Pas d'autre bruit surajouté. Léger hippocratisme digital. Pas de cyanose.

Abdomens souple dépressible indolore. Pas de masse palpée. Pas de trouble du transit ni de symptôme fonctionnel urinaire.

Examens complémentaires :

-   Biologie:

    -   Hb 13,2g/dl, Leucocytes 8,1G/L dont PNN 6,9G/L, PLQ 238G/L

    -   Na 137 mmol/l, K 3,9 mmol/l, créatinine 67µmol/l avec DFG estimé à 71 ml/min, Ca 2,34 mmol/l, NTproBNP 576 ng/l, troponines négatives, d-dimères 673 mg/l

    -   Bilan hépatique sans particularité

    -   Gazométrie artérielle en air ambiant: pH 7,34, pO2 76 mmHg, pCO2 35 mmHg

-   Radiographie thoracique: distension thoracique, pas d'opacité parenchymateuse pulmonaire, silhouette médiastinale sans particularité, culs de sac pleuraux libres

-   ECG : fibrillation atriale à 95bpm, QRS fins, pas de trouble de la repolarisation.

-   PCR nasopharyngée grippe/VRS/covid: négative

-   ECBC : négatif

Des aérosols bronchodilatateurs (SALBUTAMOL 5mg et IPRATROPIUM 0,5 mg) et une oxygénothérapie à 2L/min sont débutés (SpO2 97% sous 2L/min) et le patient est transféré en pneumologie pour prise en charge.

Evolution dans le service

Les aérosols d'abord délivrés toutes les 6h sont espacés au fur et à mesure puis sevrés devant la disparition des sibilants et l'amélioration de l'auscultation.

L'oxygénothérapie est sevrée le 7/09/2023.

De la kinésithérapie de drainage bronchique et mobilisatrices sont réalisées. Aucune désaturation à la marche dans le service n'est objectivée après sevrage de l'oxygénothérapie.

L'ECBC prélevé ne documente pas de germe.

Le patient rencontre l'IDE de tabacologie: il décrit une reprise de sa consommation lors du pic d'anxiété récent, mais ne consomme plus de tabac depuis ses 60 ans. Il ne souhaite pas de supplémentation nicotinique à libération rapide sur ces pics d'anxiété.

Sur le plan thymique, après avis auprès du service de gériatrie, l'anxiolyse par ALPRAZOLAM est majorée à 0,5 mg x3/j avec bonne efficacité rapportée par le patient.

Le patient rentre à domicile le 8/09/2023. Il doit revoir son pneumologue en ville dans 4 mois pour suivi, et son médecin traitant dans 10 jours pour suivi de l'épisode anxieux.

Traitement de sortie

-   ELIQUIS 5mg x2/j

-   KARDEGIC 75mg/j

-   RAMIPRIL 5mg/j

-   BISOPROLOL 1,25mg x2/J

-   VENLAFAXINE LP 75mg/j

-   ULTIBRO 85/43µg: une dose/j

-   DOLIPRANE 1g si besoin

-   RISEDRONATE 35mg: un comprimé/semaine

-   CACIT VITAMINE D3: un comprimé/jour

-   ALPRAZOLAM 0,5mg x3/j pendant 14 jours.

Conclusion

Exacerbation non hypercapnique de BPCO post tabagique sur reprise de consommation tabagique.

Amélioration rapide des signes respiratoires après prise en charge symptomatique.

Syndrome anxieux d'étiologie identifiée: majoration de l'anxiolyse par ALPRAZOLAM. Le patient doit prendre rendez-vous avec son médecin traitant dans les 10 jours pour suivi de l'épisode.

Signataire : Dr Rose Vandekerckhove.
